Chaussures antidérapantes : Comment vérifier leur efficacité ?

1000 chutes par jour, rien qu’en France. Ce n’est pas un chiffre de la sécurité routière mais celui des glissades au travail, relevé par l’Assurance maladie. L’adhérence des chaussures ne relève pas du simple confort : elle sépare l’incident mineur du drame évitable.

Les risques liés aux sols glissants : pourquoi l’adhérence des chaussures est fondamentale

Un sol humide, gras ou simplement recouvert d’une fine poussière transforme la marche la plus banale en véritable piège. Les chiffres sont têtus : la glissade ou la chute figure en tête des accidents recensés dans des milieux aussi variés que la cuisine collective, l’hôpital, l’entrepôt ou le couloir d’un établissement scolaire. Chaque surface déploie ses propres embûches. Ainsi, la chaussure antidérapante s’affirme comme le premier rempart face à ces menaces silencieuses.

La sécurité ne se joue pas sur une déclaration d’intention mais dans la réalité du mouvement : stabilité, accroche sur sol mouillé, capacité à absorber les déséquilibres. À chaque arrêt de travail, c’est tout un collectif fragilisé, des coûts imprévus, parfois des séquelles pour des années. Les médecins du travail dressent le même constat : entorses, fractures, traumatismes pourraient être évités si la chaussure suivait vraiment la cadence et la nature du sol.

Voici ce qu’il faut avoir en tête pour comprendre l’étendue du problème :

  • La protection concerne tous les professionnels, du manutentionnaire à l’infirmière.
  • Le risque de glissade ne s’arrête pas à la porte de l’atelier ou de l’hôpital : il rôde partout où le sol peut piéger l’inattention.
  • Un choix de chaussure inadapté fragilise la prévention et met à mal la sécurité de tout un groupe.

À cadence soutenue ou dans des lieux à risques, la protection contre la chute devient un automatisme. Mieux vaut miser sur des modèles dont l’adhérence n’a pas été décidée sur catalogue mais testée, éprouvée, validée sur le terrain. La sécurité se lit, ici, jusque dans le dessin de la semelle.

Quelles normes et labels garantissent une véritable efficacité antidérapante ?

Sur l’étiquette, le mot « antidérapante » s’affiche partout. Mais la vraie différence, ce sont les normes. Deux références à retenir : la norme européenne EN ISO 20345 qui régit les chaussures de sécurité, et sa variante EN ISO 20347 pour les modèles professionnels sans coque. Leur point commun : elles imposent des tests sévères de résistance au glissement.

Trois sigles sont à connaître ; ils devraient apparaître sur la fiche technique ou la chaussure elle-même :

  • SRA : le modèle est testé sur carrelage céramique mouillé au détergent.
  • SRB : le test se fait sur acier huilé.
  • SRC : la chaussure a passé les deux tests, c’est le niveau de protection maximal contre la glissade.

Le marquage SRC est désormais la référence dans les secteurs exposés : restauration, santé, industrie. Dans ces univers, la nature du sol change, le risque aussi. Miser sur un modèle certifié SRC, c’est choisir la tranquillité d’esprit.

Mais les labels ne s’arrêtent pas à la semelle. Certains fabricants mettent en avant des certifications supplémentaires, issues de tests menés par des organismes indépendants. Un marquage clair, une fiche technique détaillée, des résultats de tests de résistance au glissement : voilà ce qui sépare la promesse marketing de la véritable garantie pour la sécurité au travail.

Avant de vous décider, interrogez le vendeur, demandez à voir les rapports d’essais, vérifiez la conformité avec les recommandations des services de santé au travail. Quand le sol peut basculer à tout moment, la traçabilité des chaussures antidérapantes fait toute la différence.

Décrypter les caractéristiques essentielles d’une semelle performante

Tout se joue sous le pied. La semelle, c’est le seul lien entre le porteur et le sol. Sa forme, son matériau, sa sculpture : rien n’est laissé au hasard. Une semelle efficace ne se contente pas de promesses : elle s’accroche, canalise l’eau, évacue les saletés et offre un contact maximal avec chaque type de sol.

Prenez le temps d’observer la structure des crampons : larges, bien espacés, suffisamment profonds pour éviter l’accumulation de boue ou de graisse. Les rainures multidirectionnelles garantissent l’accroche, même quand le sol devient traître. Un relief dessiné avec rigueur, une géométrie qui épouse les aspérités : le moindre détail compte. La semelle doit amortir, stabiliser, suivre les mouvements sans faiblir.

Le choix du matériau impacte directement la résistance à l’usure et la qualité d’adhérence. Le caoutchouc nitrile, par exemple, tient bien sur l’huile et les hydrocarbures ; les composés synthétiques, plus légers, offrent une polyvalence recherchée dans certains métiers. Sur le terrain, la semelle antidérapante allie souplesse, pour épouser la surface, et rigidité, pour durer dans le temps.

Autre point à scruter : la résistance à l’eau. Si la semelle absorbe l’humidité, l’adhérence s’effondre. Privilégiez les modèles équipés de canaux d’évacuation, conçus pour sécher vite et maintenir la performance sur sol mouillé.

Enfin, vérifiez la jonction entre la semelle et la tige. Un assemblage solide évite les infiltrations et optimise la protection. Sur une ligne d’assemblage, dans un bloc opératoire ou en restauration collective, ce détail peut tout changer : la sécurité se joue parfois à la couture près.

Jeune femme testant ses chaussures antidérapantes dans une cuisine industrielle

Conseils pour comparer et sélectionner la paire la plus adaptée à vos besoins

Acheter une paire de chaussures antidérapantes ne se résume pas à cocher une case. Commencez par le contexte d’utilisation : une cuisine professionnelle, un atelier mécanique, un laboratoire ? L’environnement impose le choix de la forme, du matériau, de l’ergonomie.

Les indications de résistance au glissement, comme la norme EN ISO 20345, distinguent trois niveaux (SRA, SRB, SRC) selon la nature des sols et la présence de liquides ou d’huiles. Sur des surfaces variables ou si la sécurité au travail requiert de la polyvalence, orientez-vous vers un modèle certifié SRC. Les fabricants sérieux publient leurs résultats de tests et détaillent les conditions d’essai : prenez le temps de comparer.

Pour faire le bon choix, vérifiez ces points clés :

  • Semelle : épaisseur suffisante, souplesse adaptée, relief cohérent avec le type de sol.
  • Maintien du pied : tige renforcée, système de laçage précis, bonne stabilité latérale.
  • Confort : amorti efficace, matériaux respirants, pas de point de pression ou de frottement.

Manipulez la chaussure, testez la souplesse de la semelle. Faites-la glisser sur une zone mouillée : ressentez l’adhérence. Les retours d’expérience de vos collègues, les essais en conditions réelles, valent parfois plus qu’une fiche technique.

La durabilité doit aussi peser dans la balance : usure prématurée, décollement, perte d’adhérence… autant de signaux qui imposent un renouvellement anticipé. Un bon investissement se juge à la tenue dans le temps, pas seulement au prix d’achat. Prenez le temps d’observer, d’essayer, de comparer. La sécurité, la protection et la santé s’ancrent parfois dans les gestes les plus quotidiens, dès que le pied touche le sol.